la roseraie de Gérenton vu depuis le ciel à Bédoin dans le vaucluse en provence

La pépinière

La situation

La pépinière de la roseraie de Gérenton est située à Bédoin au pied du Mont Ventoux. Sur une parcelle de vignes abandonnée depuis plus de quarante ans, la forêt a en partie repris ses droits, c’est ici comme sur un îlot entre les vignes voisines que les rosiers de la roseraie de Gérenton sont produits.

Les rosiers anciens

Les roses anciennes sont pour beaucoup la rose du jardin de nos grands-mères, une grosse fleur qui embaume l’air de son parfum. La définition scientifique est tout autre, on appelle roses anciennes, les roses qui appartiennent à des groupes qui existaient avant 1867. En effet, en 1867, la première hybride de thé nommée “La France” nous fait basculer dans les roses modernes. Cette définition est pourtant controversée car certains groupes apparus à la fin du XIX° siècle peuvent être considérés comme des roses anciennes. De façon plus souple , on peut considérer comme roses anciennes les groupes de roses apparus jusqu’à la toute fin du XIX° siècle, cela nous amène jusqu’au début de la première guerre mondiale.

La collection de rosiers

La roseraie de Gérenton possède une collection de 300 variétés différentes de rosiers. La plus grande partie de la collection est constituée de rosiers anciens, exception faite des hybrides de Moschata. Les rosiers anciens sont répartis en différents groupes ou familles. La collection de la roseraie de Gérenton est composée de groupes adaptés au climat méditerranéen. On y trouve des groupes de rosiers qui aiment le soleil et la chaleur et dont les racines leur permettent de bien résister à la sécheresse. Les rosiers sont également résistants au froid car au pied du Mont Ventoux, les températures peuvent descendre bien en-dessous de zéro. La roseraie de Gérenton s’attache à privilégier les rosiers parfumés dans sa collection. Ainsi la collection de la roseraie de Gérenton est essentiellement constituée de roses de Damas, de Centfeuilles, de Centfeuilles moussues, de rosiers de Chine, de rosiers Alba auxquelles s’ajoute les hybrides de Moschata. Les hybrides de Moschata ont été obtenus au début du XX° siècle en croisant des rosiers multiflores avec des hybrides de thé. La roseraie de Gérenton les a inclus à sa collection pour leur facilité de culture, leur caractère remontant (plusieurs floraisons par an) et leur adaptation aux terres calcaires.

Rosiers bouturés ou greffés?

On trouve dans le commerce des rosiers greffés et plus rarement des rosiers bouturés. Quelle est donc la différence entre les rosiers greffés et les rosiers bouturés? Observons les avantages et inconvénients de chacune des méthodes de reproduction des rosiers.

Les rosiers greffés

Les rosiers greffés sont obtenus par une greffe d’un morceau de rosier sur un porte greffe. Les avantages de cette technique de reproduction viennent du fait que le porte-greffe, souvent d’origine sauvage, donne au rosier toute la vigueur de ses racines. Mais c’est précisément là aussi son inconvénient. Bénéficiant de la vigueur des racines de son porte-greffe, le rosier se développe rapidement si rapidement qu’au bout d’une quinzaine d’années, le rosier est épuisé et commence à décliner sans possibilité de régénération puisque le rosier ne peut se développer qu’au niveau de la greffe. Autre inconvénient : le choix du porte-greffe. On utilise le plus souvent deux types de porte-greffe : rosa multiflora ou rosa laxa. Rosa multiflora a l’ avantage de ne pas trop rejeter, ainsi il y a peu de gourmand qui apparaissent sous le point de greffe mais son inconvénient est de ne pas se plaire en terres calcaires…Rosa laxa affectionne les terres calcaires mais il rejette énormément et c’est l’apparition au cours de la vie du rosier de nombreux gourmands qu’il faut éliminer sous peine d’affaiblir le rosier.

Les rosiers bouturés

Les rosiers bouturés aussi appelés francs de pied poussent sur leurs propres racines. On peut les obtenir par bouturage, par marcottage ou par semis. Les semis sont réservés à l’obtention de nouvelles variétés. Le bouturage est la technique la plus aisée en pépinière. L’avantage des rosiers bouturés réside dans le fait que les rosiers poussent sur leurs propres racines. Cela leur permet une meilleure adaptation à différents types de terre même les terres calcaires. Les rosiers bouturés émettent des rejets au pied qui leur permettent de se régénérer (il ne faut surtout pas les supprimer), on dit qu’il drageonne. Cette régénération du rosier donne une durée de vie au rosier beaucoup plus longue que celle d’un rosier greffé. On trouve dans les bastides du XIX° siècle, le rosier planté à la construction toujours vivant! L’inconvénient des rosiers bouturés est qu’ils se développent selon leur cycle naturel et qu’ils atteignent ainsi leur taille adulte plus lentement (environ 3 ans).

La roseraie de Gérenton

La roseraie de Gérenton inscrite dans une démarche de durabilité propose à la vente des rosiers reproduits par bouturage ou par marcottage. Là encore, deux techniques de bouturage existent, le bouturage herbacé ou le bouturage semi-ligneux ou ligneux. La bouture herbacée se réalise au printemps et l’été. Elle nécessite l’utilisation d’une serre ou d’un tunnel afin de permettre à la bouture de réaliser rapidement ses racines. Le bouturage semi-ligneux ou ligneux se réalise à l’automne alors que la plante entre en dormance, il se fait en extérieur. Le rendement du bouturage semi-ligneux est moins élevé que le bouturage herbacé mais c’est la technique de reproduction choisie à la roseraie de Gérenton. En effet, les rosiers produits à la roseraie de Gérenton sont bouturés à l’automne, ils passent l’hiver dehors et donnent des rosiers robustes et vigoureux.

Des rosiers non traités

Les rosiers de la roseraie de Gérenton ne subissent aucun traitement chimique. La richesse en biodiversité du lieu de production permet de laisser travailler les auxiliaires. Les pucerons sont vite régulés par une petite bactérie ou par les coccinelles en nombre dans le jardin. Et lorsqu’une tâche apparaît sur un rosier, la prêle, la consoude ou la sarriette s’en occupent, les rosiers anciens sont nettement moins affectés par les maladies qu’ils attrapent. Enfin les rosiers sont associés dans les massifs à des plantes méditerranéennes souvent aromatiques qui perturbent les ravageurs. La roseraie de Gérenton possède la mention nature et progrès.